PARIS FASHION WEEK 2019

NINA RICCI CHARLESTON

Posted on

Lisi Herrebrugh et Rushemy Botter sont les nouveaux directeurs de la création de la maison Nina Ricci. Et, lorsque Nina Ricci a annoncé, en août, qu’elle avait embauché  le duo en tant que les nouveaux directeurs créatifs de la maison, mes sourcils se sont froncés, car nous nous souvenions des parasols incrustés dans une culture antillaise, récompensés au Festival International de la Mode et de la photographie de Hyères . Le duo, formé à la mode masculine, faisait que le défi était plus grand. Finaliste du Prix LVMH des jeunes créateurs, aucun des deux n’avait, jusqu’à présent, travaillé pour une marque de mode, encore moins pour une maison.

Comment le duo, connu pour ses contes puissants et ses vêtements fluides enracinés dans la culture antillaise, pouvait-il réorganiser une maison de couture âgée de 87 ans ?Alors que leur collection gagnante à Hyères mettait en vedette un dauphin en plastique attaché sur la tête d’un mannequin, avec un thème balnéaire très marqué, nous nous demandions s’il serait au rendez-vous. Cela a commencé avec un costume bleu marine à fines rayures blanches, avec la chemise en soie qui coule sur le côté comme le feraient les chutes d’Iguazú. En un modèle, il redessine la maison en lui redonnant ses lettres de noblesse.

Des chemises “oversizes” avec des attaches en tissu aux cols évoquant subtilement la colombe stylisée de la maison et du flacon Lalique, un Air du Temps, avec des éclats de jaune qui ont éclairés le spectacle, brisant une palette neutre.La couture s’inspirait des corsets que le duo avait trouvé dans les archives de Nina Ricci, bien qu’ils aient évité raisonnablement de s’égarer sur un territoire déjà tracé par Jean-Paul Gaultier. Read the rest of this entry »

Advertisements

RICK OWENS PARIS 2019

Posted on Updated on

LANVIN LE POINT DU FISTON

Posted on

Il est vrai qu’entre les uns qui ne connaissent pas la mode, et les autres qui n’ont jamais fait d’études, les florentins pique-assiettes infiltrés dans le fond chinois Fosum de plusieurs milliards de dollars, est un mauvais présage, car les cimetières sont toujours éclairés du néant. Un esprit facile aurait donné une information post-Mao, mais, entre la facilité qui pond sans effort et la fécondité laborieuse, il y a un abîme de possibilités pour les esprits qui réfléchissent. Quelques croquis de l’enfer sur un trône splendide d’une robe posée sur un pot de chambre ne fait pas forcément de la couture.

Bruno Sialelli, ancien styliste de prêt-à-morfler masculin chez Loewe, regardait le salaire de Lanvin et du groupe Fosum comme la déesse Erato regarde le chant nuptial. Mais, qui est ce Sialelli ? On l’appelle le couturier de l’ombre, marseillais de 31 ans, diplômé du Studio Berçot, a fait ses armes chez Paco Rabanne, Acne Studios et Balenciaga sous les directions de Nicolas Ghesquière et d’Alexander Wang. Son CV révèle une capacité de naviguer entre l’homme et la femme, c’est un signe des temps.

L’occasion pour Lanvin de lui confier l’ensemble des collections. La griffe voit cela comme « un atout majeur, à l’heure où l’industrie du luxe tend à estomper les frontières entre les genres ». Mais le seul genre possible chez les chinois, c’est le genre de l’argent, et cela n’est pas par hasard que le créateur ait pris pour coiffe celle des pêcheurs de Cancale qui était aussi la coiffe de nos billets de 20 francs autrefois. Read the rest of this entry »

DIOR SUFFRAGETTE SET

Posted on Updated on

C’est un trésor de savoir découvrir la maison du Maître de Granville. Autrefois, il nous donnait toujours une délicieuse façon de nous souhaiter un bon après-midi. Il est toujours agréable de recevoir un joli message couture, et nous avions compté sur le Seigneur des Arnault pour nous donner cette joie, car ce samouraï des temps modernes de la mode – traduisez pour samouraï (celui qui sert) – avait eu du nez de mettre Galliano sur un rail.

Alors, pourquoi ne pas envoyer un peu de tendresse à cette Chiuri, à cette couturière stressée incapable de redonner à la maison ses lettres de noblesse dans ce mardi ensoleillé. Car parmi nos pleurs viennent s’ajouter la ” Jacquemusmania” qui brille de mille gueux pour un spectacle sans consistence.

Ce début de la Fashion Week de Paris a un charme intime et doux, dans l’ombre d’un coeur froissé pour humer ce parfum consolant dont le germe est en nous tous. Douceur lointaine qui vous rappelle votre enfance, et que le vertige d’un cœur qui tressaille comme un secret, dans un épanchement de sensibilité qui resurgit d’un coup et d’un seul.

Mais, la réalité vient nous rappeler que nous sommes chez Dior et que pardonner à une méchante, c’est frapper l’innocent. Alors pas de cadeau, voici les commentaires de ce show.

C’est d’abord la Tomaso Binga, féministe enragée mariée avec le critique d’art Filiberto Menna qui avait déclaré, en son temps, avoir choisi un pseudonyme masculin pour parodier les privilèges culturels réservés aux hommes. Voici la nouvelle égérie de Dior, une féministe acharnée face au Seigneur qui aime les femmes au foyer et au piano, à parier que sa collection comme ses idées intégristes sont déjà “has been”. Read the rest of this entry »

JAQUEMUS PORTE DE LA NUIT

Posted on

Une rue de Provence, un décor grandiose de Schtroumpfs pour singer le grand Karl, bienvenue au « Porte » de l’enfer. Je n’aime pas ces couturiers sans diplôme, car, la plupart du temps, ils volent ou détournent les œuvres des vrais créateurs. Souvent, leur couture est une prétérition, et leur culture se borne au gouffre de la nuit que l’on trouve dans la péninsule du Yucatan.

On peut être autodidacte, mais les autres, dont les parents financent à grand coup d’heures supplémentaires les études de leurs enfants, sont confrontés à une injustice flagrante. Il est vrai qu’au temps des cadrans solaires il n’y avait pas l’ombre d’une exactitude sur le cadran de Plourin. Mais, si vous regardez l’histoire des couturiers sans diplôme, les Montana et les Mugler montés de toutes pièces par la presse et les « black rooms » des années 80 où Monsieur Grumler y avait fait son deuxième bureau au-dessous du palace, ces créateurs se retrouvent donc aujourd’hui dans les limbes de la notoriété du fin fond du Sahara, sous le vent de sable de la Villa Majorelle, le seul lien qu’ils n’auront jamais avec Yves St Laurent. Mais, peut-on remplacer personne ?

Les ascensions trop rapides comme l’Olivier Incertain finissent toujours par se savoir. C’est surtout sur le long terme que l’on s’aperçoit que ces génies de la création portés au pinacle des journaux et des magazines de mode n’étaient finalement que des feux de paille au service d’une marque et idem pour Jacquemus qui s’y retrouve juste pour un chapeau de paille. Voilà une bien belle position pour Monsieur Grumler ! Read the rest of this entry »

KARL SIX FEET UNDER

Posted on Updated on

Il connaissait tout le monde et tout le monde semblait l’aimer, on pouvait suivre son catogan comme la queue d’un chat de gouttière, et d’ailleurs, Choupette en était jalouse. Il était la rencontre des gestes couture et des mots de Voltaire, entre photographie et poésie de Wolfgang Bächler. Passant d’une langue à une autre avec une dextérité sans égale, il pouvait marquer ses distances en un mot bien acerbe.

Un homme qui marchait dans sa tête et qui fait partie de ces personnages qui laissent une trace indélébile dans l’histoire, un artiste aussi fragile que généreux. Homme de cœur, il a aidé l’homme de cour, de Bascher, jusqu’à la fin. Sa démarche assurée symbolisait sa vision vers un monde meilleur, le buste légèrement incliné, les bras ballants en position du balancier comme pour sentir le monde qui l’entoure, le regard droit pointé vers l’horizon pour scruter le futur. Read the rest of this entry »

MORT D’UN GÉANT

Posted on

Svelte, les bras étendus comme des ailes déployées, il marchait dans l’air qui virevoltait autour de lui, lui donnant une élégance sans égale. Sa chevelure blanche faisait de lui l’homme sage le plus jeune de l’industrie de la parfumerie. Il était l’homme aux 650 flacons parmi les plus connus de la planète. Un créateur du rêve, un libertaire convaincu. A la première lecture de sa personnalité, on pouvait deviner que ce poète des temps modernes, amoureux de sa femme, comme un enfant, était un provocateur qui cachait une grande timidité. Sa vie, en dépit de quelques embûches, ne viendra jamais ternir son élan, son enthousiasme et sa créativité.

Les senteurs et les parfums tournaient dans l’air du soir comme une valse mélancolique autour de lui et dans un langoureux vertige où l’imaginaire et la sensualité n’ont eu de cesse que de croître, car sa seule volonté était de créer pour les générations futures.

C’était un créateur hors pair qui influença le milieu de la parfumerie en créant pour celle-ci sans relâche. Je vous parle d’un Maître, d’un Sculpteur, mais aussi d’un grand Designer de contenus. Il a façonné le monde de la parfumerie pendant plus de 50 ans. C’est parce qu’il a su regarder au-delà de l’image imposée par le politiquement correcte, qu’il a réinventé le monde qui nous entoure. Read the rest of this entry »

JOSSE LE SEIGNEUR

Posted on Updated on

C’est avec un peu d’appréhension que je me présente au portail. Chaque créateur a, en effet, le pouvoir fatal de vous jeter, par un sourire, face à l’ivresse ou le désespoir de votre propre inculture. Point la peine de connaître l’anthroponyme pour découvrir que le nom Josse est la forme populaire de l’origine bretonne Jodocus. Saint Josse, fils du roi breton Judicael, contemporain de Dagobert, est basé sur la racine celtique « jud » signifiant « combattant, chef et seigneur ». Sa forme anglaise est Joyce, un signe pour le Seigneur des Arnault et sa future marque du supra luxe, Jean Patou. Read the rest of this entry »

ROLLAND UN MYTHE INERME

Posted on

De Balenciaga à Jean-Louis Scherrer, celui qui pense que le vêtement est un passeport, comme une sorte de laissez-passer dans l’intimité d’une personne et de sa culture, n’exprimait jusqu’alors que les boudoirs des palais du Moyen-Orient. Mais, cette saison, c’est une couture plus sage et plus en introspection que Stéphane Rolland nous propose. La femme du roman de Scott Fitzgerald, la féminité cachée sous une décontraction de circonstance. Source d’inspiration, cette nouvelle génération que le couturier regarde, le Gasbying fait son chemin. L’égoïsme romantique, avec une certaine élégance nonchalante, l’illusion des apparences et d’un certain snobisme qui n’est qu’un échappatoire au désenchantement.

Une couture fade comme ce parfum suave d’une génération perdue fascinée par l’extravagance oubliée, il sera le produit d’un esprit qui ne sait pas ce qu’il veut dans une génération inquiète. On s’étonne que ce garçon à la pensée tout aussi structurée que ses créations n’a pas capitalisé avant sur ce cheminement. Nous pénétrons donc avec lui, dans le rôle de l’invité candide, les arcanes de ce microcosme aristocratique et cruel de la Haute Couture où règnent l’insouciance et la débauche de luxe, de l’illusion éphémère, de l’opulence et de la superficialité des spectacles et des apparences de Paname. Read the rest of this entry »

DIOR LA CROISIÈRE S’AMUSE

Posted on Updated on

Après avoir présenté des collections croisières dans Santa Monica, puis dans les grandes écuries (d’Augias) de Chantilly, lieu imprégné d’histoire, un clin d’œil à la tradition de Monsieur Christian qui avait imaginé, en son temps, une robe inspirée par Chantilly pour l’hiver 1947-1948, cette fois, la maison du maître de Granville se rend à Marrakech pour sa prochaine collection croisière.

La marque prépare ses bagages, Vuitton bien-sûr, pour Marrakech. Pierre Berger doit se retourner dans sa tombe, car la présentation le 29 avril ne sera pas très éloignée de la Villa Majorelle, oasis dans la palmeraie l’Eden où reposent les cendres d’Yves Saint Laurent : la boucle est bouclée.

C’est une première, pour la maison du Seigneur des Arnault, de venir présenter dans l’ancienne cité impériale de l’ouest du Maroc. Le choix s’est fait au détriment de la capitale Rabat qui faisait trop « Rabat-joie » pour les services marketing. Espérons que la collection ne soit pas présentée dans les souks de Bab Ghmat, on pourrait confondre le travail de la Chiuri aux objets trouvés dans cette forteresse qui servait autrefois de refuge aux caravanes des bédouins. Read the rest of this entry »

LA CARINE ATTIRÉE PAR LA COCO

Posted on Updated on

Un nouveau partenariat est annoncé, en septembre, avec « Clarine » Roitfeld et Lagerfeld, ainsi Karl met Carine sur un « rail ». Une collaboration qui évoluera avec des projets qui seront annoncés plus tard cette année dans un flou artistique à la David Hamilton. Il faut dire qu’après les petites filles photographiées comme des Lolita hyper-sexualisées, le « blurring » Hamilton est de bon aloi, et maintenant, Karl est sûr qu’après lui le déluge. Ainsi les frères, Champs de courses, n’auront plus un chantage au « des missions millions » et après Karl, on rase gratis. L’année dernière, il avait déjà réalisé une collection capsule avec Sébastien Jondeau, son assistant personnel et garde du corps de longue date. Autrefois, on disait son Neveu et même si les mœurs changent, les masques restent.

Roitfeld et Lagerfeld auraient des goûts et un penchant pour le style graphique convergeant : « Elle sait ce qu’elle veut, dit Karl, quand elle a une vision, elle l’annonce « . La Clarine correspond à son image, à son univers et, par définition, au Kaiser. Celle-ci l’aurait qualifié de l’une des personnes les plus intelligentes, les plus inventives et innovantes jamais connues. Une flagornerie, pour une place chez Chanel, vaut bien une messe. Read the rest of this entry »

BALMAIN A PORTÉE DE NAIN

Posted on

Un budget de Qataries pour une Haute Couture de « cata rien », Rousteing ou l’handicapé de l’aiguille, le tueur plagiaire de la mode reste sans inspiration quand il faut donner la quintessence de son métier. Il montre, enfin, son vrai visage, celui que nous avions décrit, il y a déjà quelques mois, le visage du zéro de la création. L’homme couture le plus démuni de la Fashion Week, c’est un lexicographe amateur comme un crachat laissé sur le « faux bourg », martelant de son marteau aiguille le bons sens et la solitude de sa page blanche. Après Sorbier on peut constaté que devant les moyens de celui-ci et de la maison du même nom, Rousteing avec ses moyens illimités n’arrivent même pas à décoller du sol de quelque millimètres, alors qu’un vrai créateur avec peu de moyen, peut réaliser une collection si merveilleuse et envoûtante.

Olivier comme opprobre du métier, il abuse de la permission qu’ont les gens d’esprit à être laids. Un vermisseau né du cul de l’abbé Desfontaines, on n’a jamais employé autant d’esprit à nous rendre bête, il me prend envie de marcher à quatre pattes quand on regarde l’ouvrage, car cela n’est plus de mon âge.

Il est l’ennui du genre humain, un charlatan trompeur et vain changeant vingt fois son mithridate. Le nom même de ce baladin couturier souille les lettres de noblesse de la Haute Couture, où le mieux, pour lui, c’est le bien d’autrui. Read the rest of this entry »

FASHION TROTTINETTES

Posted on

Certains ont opté pour un mode de transport particulier, oubliant toute notion de dignité et, même la Chambre Syndicale, ne pouvant contrôler Paris et sa circulation pendant les présentations de Haute Couture, préconise la trottinette. Ainsi, vous pouvez imaginer Céline Dion ou Anna Wintour sur cet engin de mort ou de mode, c’est selon ! Et pourtant, pour circuler en ville, moult moyens ont été conçus à travers les âges, et entre le métro et les bus, les moyens dans Paname ne manquent pas, mais certains trouvent ça « sympa » de se déplacer en trottinette sur nos trottoirs. Pourquoi pas ? On peut se demander quel est le cheminement intellectuel de ce retour dans l’enfance ?

Cet objet, qui était destiné aux enfants, autrefois, trouve dans Paris l’apogée de sa popularité et se déplacer avec ce moyen donne immédiatement l’air d’un crapaud sur une boîte d’allumettes, et cela, personne ne peut le nier. Et pourtant, ils sont légions et, à voir leurs airs satisfaits, on croirait presqu’ils font un pied de nez aux convenances, à l’ordre établi, et un retour à leur enfance retrouvée, mais surtout jamais perdue.

Ce n’est même pas régressif, ni original, et je me demande qu’elle est la prochaine étape de ce processus de mobilité, et même les détestables roller blades ou autres skate boards phénomènes de mode de ces dernières décennies, ne donnaient pas de telles envies d’homicidé nos congénères. Mais cela ne semble pas être l’apanage d’une bande de farfelus soucieux d’exister dans le paysage urbain, et voir ces jeunes quarantenaires qui se targuent d’avoir gardé leur âme d’enfant est à l’image du ridicule que cette génération donne dans ses choix de vie. Read the rest of this entry »

YANINA L’ACCROCHE COEUR

Posted on Updated on

J’avais sorti ma fourrure du frigo pour aller à la présentation de Yanina Couture pensant bien que l’oligarchie russe tout entière de Paris serait présente pour les 25 ans de la maison. Yanina Couture fête effectivement ses 25 ans cette année et à la prochaine rentrée, dit-on sous le manteau, elle espère être au calendrier de la Chambre Syndicale de la Haute Couture. Après un long périple, elle finit par obtenir finalement le Graal tant convoité.

C’est une ambiance un peu particulière car toute la diaspora russe est présente comme si après la Révolution d’Octobre, tous les russes de Paris étaient présents. Les Russkoffs sont de sorties : renard, chinchilla, vison et hermine recouvraient le front row comme si les bêtes sauvages s’étaient données rendez-vous dans le fin fond de la steppe, il ne manquait plus que Léon Zitrone pour que le spectacle fut complet.

En Russie, pour attirer les mâles dominants, les femelles sont prêtes à tout, et Yanina Couture donne un show comme une parade nuptiale qui exhibe de longues robes ornées de plumes.

C’est un message subliminal de la créatrice ; une ronde des muses qui passe et repasse devant nous comme un ballet attractif et gracieux. Elle perfectionne l’élégance dans un style aérien qui représente l’expression la plus pure de l’esprit Haute Couture. Read the rest of this entry »