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IMM 尹默 SHANGHAI 2019

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CARAT MOI GEMME !

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Le Carat est une unité qui mesure la masse pour la pesée des diamants avec la graine de caroubier et ses sœurs précieuses. Richemont mesurait déjà le temps qui bat dans l’ombre avec cette douceur, coup par coup, dans le boîtier de ma Baume & Mercier. Quand je suis arrivé rue Vieille-du-Temple, le lieu me sembla adéquat pour un diamant. Une éphémère boutique de Cartier m’ouvre la porte de sésame ainsi que celle de mon âme pour ré-écrire le conte des mille et une nuits. Je viens pour découvrir la dernière création de la marque et son flacon et c’est toujours avec une émotion non réprimée. Mon cœur battait selon les consonnes et les voyelles de ce nom, un « C » pour Cartier, un « A » pour Asmara et un « T » pour Tangara, le juste nom que connaissait mon Nez.

Syllabes épanouis, ce Carat dont on ne peut se nourrir, hante mes os au premier contact, pour finalement arriver jusqu’autour de mon nez. La vue d’un flacon de la vallée de la Côte d’Albâtre émoustille toujours mon imagination, et me remémore des jours heureux quand j’y travaillais autrefois. Un diamant de Pochet, qui passe dans les mains expertes d’hommes/machines, fascine par son irisation, et sa structure Art Déco si difficile à démouler de son empreinte en acier poli comme un miroir. Read the rest of this entry »

JUNKO SHIMADA 1960 VÔTRE

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La créatrice japonaise, Junko Shimada, est tombée amoureuse de Paris dans les années 60, comme beaucoup d’autres japonaises de cette époque, et depuis, elle n’a plus quitté la ville lumière. Surnommée la « plus parisienne des Japonaises », Junko a d’abord été responsable du prêt-à-porter homme et enfant chez Cacharel avant de lancer sa griffe.

Avec un style très extravagant, elle n’hésite pas à créer des chemises transparentes, des pulls surdimensionnés, ou des escarpins avec le talon inversé. Elle ouvre sa première boutique, rue Etienne Marcel, en 1984. Une deuxième boutique parisienne voit le jour à Paris, rue Saint Florentin en 2001. On y retrouve les vêtements de la seconde ligne plus branchés nommés “Junk by Junko Shimada”.

Arrivant du Japon à Paname en 1960, le choc culturel fut rude mais tellement intense. C’était le temps des commencements où un monde finissait et un autre naissait. Avec le recul, cette décennie prodigieuse, si proche et si lointaine, ne cesse d’étonner par sa vitalité, son inventivité et son audace. Et bien, plus que la nostalgie d’un prétendu âge d’or, cette énergie continue de fasciner nos jeunes.

Actuellement, les années 1960 n’ont jamais été aussi à la mode : les Beatles cartonnent auprès des ados. Amy Winehouse réinventait le son de l’époque avant de rejoindre Hendrix et Janis Joplin au paradis des pop stars destroyed. Beyoncé ou Madonna relancent le look sixties. Hollywood et les séries télévisées creusent le filon (“Mad Men”, “Pan Am”, “les Kennedy”). Read the rest of this entry »

LE LUXE DE L’HORREUR

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C’était, suite à une émission de télévision hier sur France 2, que, ce matin, le luxe était dans tous ses états. Cela prouve, néanmoins, que les demandes de rendez-vous successives que nous avons faites aux dirigeants des grandes entreprises de ce secteur, et qui nous balaient usuellement d’un revers de la main, ne font pas d’exception avec une journaliste de France 2 comme Élise Lucet ; un dédain de Seigneurs qui ne reçoivent pas la plèbe.

Hier, c’était le grand plongeon, dans les écuries d’Augias, de l’univers usuellement ouaté du triangle d’or du luxe de Paname. C’était également la grande stupeur. Mais, la grande rigolade avec ce goût amer dans la gorge qui caractérise les films de Fellini. Tous ces intellectuels « bon ton » qui travaillent dans ce secteur du Beau sans vouloir en apercevoir l’horreur ! C’est le luxe de la défiscalisation, le luxe des profits records, la face cachée d’un monde où personne ne veut voir ce qu’il y a autour, seulement le chiffre qu’il y a en bas de la fiche de leur salaire.

Que les acteurs du luxe sont bien stupides, de ne pas avoir comme moyen de contre-pouvoir l’ensemble des blogs et des « apprentis journalistes de passion » qui aiment la couture et qui veulent la valoriser. Read the rest of this entry »

MAGIQUE RICHARD RENÉ

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Comme le souffle magique d’un rêve mosaïque issu de l’imagination de Richard René, cette saison, il porte, en lui, ce souffle divin “le spiritus” allié à la poésie du geste couture, la magie des points de feston imbriqués dans un miracle de l’élégance, comme un passeur, « un homme aux mille mains », un magicien qui lègue aux générations futures le rêve chimérique de demain.

Il méduse l’assistance avec ses jeux de tissus. Passant maître dans l’art de la couture, il s’est fait enchanteur et nous raconte une histoire, nous récite des poèmes de la pointe de son aiguille. Depuis l’antiquité, le noir est étroitement lié à la mélancolie, mais il est le moyen le plus remarquable pour souligner un champ de blanc, et le noir ainsi contrasté mêle la magie des mots de Jean Cocteau : “poussière d’étoiles lumineuses sur les jeux de lumière qui suscite l’élan divin de l’âme”

C’est une collection fragments de nostalgie, au reflet d’éternité, comme le temple Angkor Va, au petit matin s’habillant d’une élégance raffinée avant que la lumière lui donne couleur et sa féerie vient faire frémir le cœur de Paname. Read the rest of this entry »

FASHION NEURONES AU CHÔMAGE

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Invectivant une voiture qui roule à tombeau ouvert dans une zone piétonne limitée à 10km/h, le conducteur du véhicule me lance : « C’est la Mode Monsieur ! » pensant ainsi se dédouaner d’enfreindre l’ensemble des lois de la République.

Bloquer une station du métro de Paris pour un défilé d’une créatrice de mode méconnue du grand public ! Les défilés deviennent toujours plus démesurés et pour attirer les bloggeuses de moche et les modeuses connasses de peste qui ne savent pas, pour la plupart, écrire leur nom. Deux semaines, en amont, vous pouvez croiser quelques grandes russes osseuses de 16 ans avec leur « coke » sous le bras, pour des défilés de mode qui ont pu faire rêver autrefois.

C’était le début de la Fashion Week de Paris où l’on croise pas mal d’actrices ou d’acteurs voulant se donner une touche « Glam ». Les plus connues d’entre-eux sont payés pour y assister ainsi que quelques « people », des filles de, ou des it-girls, souvent tout à la fois. De nombreuses attachées de pestes stressées, de rédactrices agitées du bocal, et les incontournables lots d’anonymes mondains, certains sont invités, d’autres pas. Mais aussi de mauvais photographes spécialisés dans les street looks, plus une grosse centaine de parasites inévitables, un vrai petit microcosme d’environ 3000 personnes qui viennent désorganiser la vie parisienne. Ils viennent usuellement de leur Auvergne natale, comprenez du fin fond du monde, et avec les chinoises cela fait une sorte de cour des miracles mondialisée, entre les japonais rigoristes, et les chinoises mal élevées puant l’ail de contrefaçon. Read the rest of this entry »

BALMAIN UN TOUR DE COPISTE

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Pas étonnant qu’il soit adoubé par des “People” qui n’en connaissent pas plus que lui ! Camus disait, “si tu habites avec un boiteux, tu boiteras bientôt toi-même”. Voilà qui est Balmain aujourd’hui : quelques croquis de l’enfer sur un trône splendide, le défilé des médiocres que le fromage de notre décadence a spontanément enfanté pour l’inexorable déconfiture du sens esthétique. Voici un message d’une de mes fans qui définit bien ce que je pense : “Critique à l’humour grinçant mais bien méritée ! Votre lucidité sur ce monde de la mode est une bouffée d’oxygène dans cet univers frelaté fourmillant de petits « créateurs » qui, au nom de la modernité, ré-ingurgitent le travail de leurs prédécesseurs sans en avoir le talent… Merci de combattre avec férocité les usurpateurs…” Read the rest of this entry »

LEONARD MASAÏ A LA TRONÇONNEUSE

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Léonard nous emmène dans un voyage pour explorer le temple de l’élégance. Voilà ce que déclarait le communiqué de presse si bien formaté. C’est l’histoire d’une population d’éleveurs et de guerriers semi-nomades d’Afrique de l’Est, vivant principalement dans le centre et le sud-ouest du Kenya et au nord de la Tanzanie, un voyage de ces sociétés nilotiques (lisez provenant d’une île) émigrées depuis le Sud du Soudan au XVème siècle. Une migration forcée, cela serait-il un message de la maison de mouture la plus politiquement correcte de la planète ?

Mais, avant cela, Léonard devrait prendre des personnes efficaces pour contrôler ses invités car c’était vraiment pénible, et encore plus avec 40 minutes de retard. L’exactitude, je ne cesserai de le répéter : « est la politesse des rois ». C’est sur une bande sonore « cacophonique », comme si nous étions aux abords des chutes du lac Victoria, que commence le show. « Masaï » signifie : « ceux qui parlent ». Alors, ne parlons pas et regardons ce qu’il y a à voir par ceux qui usuellement ne parlent pas.

Après le Japon et les kimono, voilà l’Afrique pour la maison qui fête ses 60 ans cette année, et c’est une nouvelle appropriation culturelle chargée de significations et de changements. Read the rest of this entry »

SACAI LA SÉNESCENCE DE LA COUTURE

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Après avoir défini la structure de sa mode, le couturier se penche sur son devenir, et si certaines structures se maintiennent avec le temps, telles les névroses bien mentalisées, d’autres basculent dans la névrose due à un processus de déstructuration massif. La structuration de sa couture dans la déstructuration mais, surtout, la sénescence de celle-ci se fait de plus en plus précise.

La mode passe plus que jamais par l’upcycling” qui consiste à donner une deuxième vie aux tissus, et à l’heure des réseaux sociaux, des produits connectés et d’autres gadgets high-tech, Sacai a imaginé une collection destinée aux Millennials, premiers clients du luxe. Déstructurée et, cela juste pour faire comme les autres, exposer une nouvelle façon de transcender les pièces classiques. Dans l’air du temps, les mannequins défilent avec des poches hyper zipper, avec sangle à la hanche que l’on voit maintenant partout depuis “Off White” et Virgil.

Les silhouettes jouent sur des superpositions de matières et de couleurs. On voit des mannequins défiler portant une multitude de couches, on peut dire qu’elles en tiennent une couche. Ma voisine, une ex- de la télé-réalité, voulant se faire remarquer portait autour du cou un boa de circonstance, et je lui demande si elle est “la Belle au Boa Dormant” ! Visiblement, mon humour ne lui sied point. Read the rest of this entry »

HERMES LE MIROIR AUX ALOUETTES

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Il y a de la margelle dans cette collection un « long champ » pour taquiner Monsieur Arnault. La créatrice, dont personne ne peut prononcer le nom, s’invite dans le cercle très fermé des couturiers parisiens, et au-delà de la maison Margiela et de sa ‘Phoebe’ du public, Nadège Vanhee-Cybulski prouve que le monde de la mode est porteur de valeurs culturelles. La créatrice est née dans le berceau des mouvements artistiques majeurs qui ont eu une influence importante sur l’art européen, l’art mosan, la peinture flamande de la Renaissance, la peinture baroque, les architectures romane, gothique qui sont des éléments majeurs de l’histoire de l’Art, et donc de son histoire. Read the rest of this entry »

MAGIQUE RICHARD RENÉ

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Comme le souffle magique d’un rêve mosaïque issu de l’imagination de Richard René, cette saison, il porte, en lui, ce souffle divin “le spiritus” allié à la poésie du geste couture, la magie des points de feston imbriqués dans un miracle de l’élégance, comme un passeur, « un homme aux mille mains », un magicien qui lègue aux générations futures le rêve chimérique de demain.

Il méduse l’assistance avec ses jeux de tissus. Passant maître dans l’art de la couture, il s’est fait enchanteur et nous raconte une histoire, nous récite des poèmes de la pointe de son aiguille. Depuis l’antiquité, le noir est étroitement lié à la mélancolie, mais il est le moyen le plus remarquable pour souligner un champ de blanc, et le noir ainsi contrasté mêle la magie des mots de Jean Cocteau : “poussière d’étoiles lumineuses sur les jeux de lumière qui suscite l’élan divin de l’âme”

C’est une collection fragments de nostalgie, au reflet d’éternité, comme le temple Angkor Va, au petit matin s’habillant d’une élégance raffinée avant que la lumière lui donne couleur et sa féerie vient faire frémir le cœur de Paname.

Une plongé ancestrale dans les racines de la maison qui s’enroulent aux confins du rêve d’une salle unie dans la communion. C’est cela la mode. Je dis à ma voisine qui reste assise sans bouger comme pétrifiée ayant peur de faire fuir cet orgasme de couture jamais heurté auparavant.

Anonymode

JACQUES MUST DE QUARTIER

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L’exactitude est la politesse des rois. Avec quarante six minutes de retard, où vole une odeur nauséabonde d’un relent d’Aquarius dans l’ambassade de Matteo Salvini, le nouveau Ministre italien de l’Intérieur, il nous est difficile de nous concentrer. Voici au moins un défilé engagé !

Le retard est une gageure, mais les jeunes sont ainsi : pas mal élevés mais pas élevés du tout ! Néanmoins, attendre pour voir du grand. Finalement pourquoi pas ! Or, cela n’était pas le cas, et après le chapeau de paille extra large, voici le feu de paille. J’amuse la galerie, et pourtant, rien n’est jamais aussi excitant que de voir un nouveau créateur venir titiller les grands ! Mais rien n’est plus décevant quand celui-ci, à la troisième saison, plonge dans le triangle des Bermudes avec la perspective de couler comme le Titanic.

Après Marseille, voilà la Corogne, un prêt-à-porter plus proche de Zara que de l’exception culturelle à la Française. Le protégé de Didier Grumler tombe dans la facilité. Avec la difficulté à se renouveler, la sardine qui a bouché les méninges du créateur, a changé le chapeau extra-large pour cagole, par le sac oversize, et demain le feu de chaume, qui créera la case pôle emploi. Une collection où le roseau se fait rotin, et où la femme féminine demeure le créateur à « osier » l’ultra-féminin, et l’ultra -déshabillé avec des bustes qui est une poitrine pour une jeune femme et sculpture pour un vieux monsieur. Read the rest of this entry »

SAVAGE BY RIE ANNAL

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Savage ou Rihanna veulent ajouter une nouvelle corde à leur arc : le “style-simplisme”. Rihanna pense sûrement que faire des vêtements est aussi facile que de chanter, pensant faire comme la “Kim Chiante”. Car si la bimbo, la plus inculte de la côte californienne, y arrive, alors, pourquoi pas elles !

Son appétence pour la mode n’avait échappé à personne étant présente, depuis quelques saisons, chez Dior et Vuitton pendant les défi­lés Haute Couture. Habillée dans des silhouettes “Belle Arte” tendances signées Dior, la cliente devient compétitrice, pensant peut-être devenir une marque qui pourrait être rachetée par le Seigneur des Arnault. Faire de la mode, pour ces artistes, c’est prendre un “Ghost Couseure”.

L’argent semblerait, pour certains, décupler leur capacité de vouloir faire, sans forcément vouloir réussir. Ces envies insultent les petites mains de la couture et autres maîtres d’art qui ont, pour acquérir leur savoir-faire, dû peiner plus que de raison. Le travail de la couture a quelque chose de semblable à la mort. C’est une soumission à la matière et les Rihanna et autres égéries n’y entendent rien.

Charcutière sanguinaire de la couture de Whitechapel, elle découpe et charcute le design, en se délectant des cadavres des autres. Elle assassine la mode à grand coup de Nogent, infatigable barbouilleuse de prêt-à-penser, elle remet sur le métier toujours la même rengaine, une mode avec la profondeur de jugement des concierges et des filles entretenues. Read the rest of this entry »