LES PENSEES DE PASCAL “MORAND”

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morandpascalC’était le plus grandiose échantillon de fatuité illuminée qu’il fut possible d’écouter sur LCI. L’absolu interdit à l’imagination, Pascal Morand dans sa tentative d’expliquer la mode, prophète des concupiscences, en huissier des grimoires de son propre cerveau, il se voit renvoyer dans ses certitudes par des experts de celle-ci. Voici une histoire de France que j’espère vous apprécierez.

Dans le monde entier, pour les grandes occasions, on sabre le champagne. Le diamant est la pierre précieuse et par excellence, synonyme de richesse, de pouvoir et d’engagement amoureux. Les “Fashion Victims” sont prêtes à tout pour se procurer le dernier accessoire tendance et n’envisagent pas de se faire couper les cheveux ailleurs que chez le styliste le plus en vogue de la ville.

Pourquoi en est-il ainsi ? Tous ces mystères de la vie mondaine et bien d’autres encore sont devenus des sujets de préoccupation dans l’histoire de l’élégance et du luxe. Louis XIV, roi charismatique, doté d’un sens aigu du style et de l’histoire, se mit en tête de faire entrer la France dans la légende. Au début de son règne, la France n’était pas spécialement associée à l’élégance ou au luxe. À la fin de son règne, l’ensemble du monde occidental, reconnaissez les Français comme les arbitres incontestables en matière de style et de goût. Le pays s’était trouvé une mission économique : régner en maître sur les produits de luxe, appelés à l’époque des produits d’exception.

Cette extraordinaire vague de créativité, qui a déferlé sur la France sous l’autorité de Louis XIV, a libéré des désirs qui nous semblent, à présent, fondamentaux. À travers son histoire, le roi va vivre un moment clé entre 1660 et 1715 (date de sa mort). On comprend mieux comment et pourquoi le pays acquiert le statut de première capitale de la sophistication et de l’art de vivre dans le monde.

L’image nationale de la France fut le produit de la collaboration d’un roi visionnaire, d’artistes et d’artisans les plus brillants de tous les temps, d’hommes et de femmes qui furent des génies fondateurs dans des domaines aussi variés que la vinification, les accessoires de mode, la joaillerie, la décoration intérieure, la codification des techniques culinaires, la coiffure…

Il y a eu également un second type de collaboration, celle que Louis XIV et une équipe de brillants créateurs, cela-même dont les inventions allaient d’une technologie révolutionnaire de fabrication de miroirs pour la galerie des glaces du palais de Versailles à la conception de bottes totalement inédites aux fontaines dans les jardins de Le Nôtre.

Séparément les innovations, dans chaque domaine, peuvent sembler modestes, mais prises ensemble, elles constituent une nouvelle entité d’une puissance étonnante : la seule nation qui ne se soit jamais distinguée en se définissant comme le lieu privilégié où se rendre pour comprendre, acquérir et profiter de toutes les bonnes choses de la vie. Les modes culturels et stylistiques émanent dès lors d’une seule source : Paris, et grâce à Louis XIV, la France était devenue la patrie du raffinement de la mode et du bon goût. On appelle cette période “Le Grand Siècle”.

Sous l’impulsion du monarque, les Français se mirent à développer un savoir-faire qui crée une nouvelle corporation “les Maîtres d’Art”. Ils produisirent l’équivalent pour l’époque des sacs Vuitton, des foulards Hermès, des tailleurs Chanel, des verres Lalique et du champagne Dom Pérignon. C’est pour cela qu’en réponse à Monsieur Steve Jobs, qui demande à Monsieur Arnault si ses produits seront là dans 100 ans. Monsieur Arnaud lui répondit, “moi je vends un peu d’histoire de la France, vous, vous ne vendez que des technologies de l’instant”.

Il est difficile d’imaginer une époque où les créateurs ne pouvaient pas diffuser leur collection par les images. Et pourtant, en 1675, les premières couturières travaillaient dans une ville où la seule publicité qu’elles pouvaient espérer pour leur dernière collection était la silhouette des femmes qui apparaissaient à Paris au bal de la cour. D’ailleurs, Louis XIV décrète que la mode doit faire de la publicité, car sans publicité elle ne saurait exister. Elle est un moyen de garantir qu’une marque soit reconnue à une échelle suffisamment grande pour justifier une industrie ajoute Colbert.

Dans le cas de la haute couture, l’adage, selon lequel une image vaut tous les mots du monde, est certainement vrai. Aucun journaliste ne sera jamais capable de décrire une tenue avec autant de précision que la plus simple photo. Alors, Louis XIV décide de faire des défilés de haute couture à Versailles. Les courtisanes et les courtisans ont l’obligation de se présenter au roi avec des tenues originales et créatives.

Enfin, rien n’est plus efficace en termes de vente que le mélange explosif du sexe et de la célébrité. Versailles devient ainsi le lupanar (traduction de l’italien: la chambre des louves) ou un endroit pour sexe, robe et musique – Le syndrome Kardashian.

Déjà, en France, en 1600, Henri IV avait fait habiller des poupées de manière à ce que sa fiancée, Marie de Médicis, soit au courant de la dernière mode lorsqu’elle arriverait à la cour. Au début des années 1670, la marquise de Sévigné envoyait des poupées à sa fille par peur que cette dernière, perdue au fond de la province à cause de son mariage, ne paraisse ridicule et elle s’assurait ainsi que sa fille puisse ressembler à une parisienne chic.

À la fin des années 1670, quand Doneau de Visé préparait des articles sur la nouvelle saison, les créateurs lui envoyaient des mannequins miniatures. Il était devenu le styliste préféré de Louis XIV. Nous n’avons donc vraiment rien inventé au XXe siècle.

Alors, Monsieur Morand, si vous voulez apprendre sur la mode et sortir de votre carcan universitaire économique qui, d’ailleurs, doit dater un peu avec la révolution du digital et de la nouvelle donne mondiale du “retail”, commencez à vous plonger dans la culture de la France. Vous apprendrez bien plus que de nous envoyer quelques billevesées en pensant que les gens de la mode sont des incultes et des fats.

Anonymode

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