LE LUXE, UNE REALITE CACHÉE

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capucineLes rois du luxe “made in France” propose la visite de leur Atelier Français !  Mais là où ils sous-traitent une part de leur production à bas coûts restera une journée non pas particulière mais seulement une particularité. En effet, pour faire face à la demande ou réaliser des économies, les grandes marques ont une économie de fabrication souterraine.

Nous sommes Avenue Montaigne, où les touristes Japonais multiplient les razzias sur les doudounes en taffetas (1 150 euros) et les chemises en popeline à col inversé (290 euros). Mais 130 euros pour un tee-shirt blanc, tout de même ! «Admirez les finitions, insiste le mannequin vendeur, en caressant la broderie près du cœur, exactement là où est le portefeuille.

Pour atteindre cette perfection, nous engageons les meilleurs artisans nous dit-on ?  Mais, vérification faite dans la cabine d’essayage, l’étiquette du polo porte la mention «made in Turkey».

Magie du luxe ! Pour raconter leur métier, les grandes maisons françaises vantent leur fabrication, leur savoir-faire pluri-séculaire, le tour de main incomparable de leurs ouvrières des délocalisations !

Comme tout le monde, les grands noms cherchent, en effet, à réduire leurs coûts. Comme  Givenchy, marque du groupe LMVH, le salaire moyen des ouvrières polonaises est de 200 euros par mois. Il faut avouer que la qualité est ­toujours irréprochable : leurs machines sont même plus modernes que celles des usines Françaises.

A part chez Hermès, où la cliente doit attendre dix mois pour avoir son Kelly en croco, tout le secteur du sac est passé à la machine à coudre, et aucune marque n’y échappe pas même Cartier.  Gucci ? Céline ? Peu importe. Quand les marques sont prises la main dans le sac du low-cost, elles ont l’art de se rattraper aux branches en proposant des journées extraordinaires dans quelques ateliers maintenus pour le marketing mais surtout pour la circonstance.

Les groupes se justifient par un argument massu : la quête d’un savoir-faire devenu introuvable dans l’industrie française.  Chez Hermès, qui possède 22 manufactures et emploie 4 000 personnes en France, on n’aime pas plus évoquer les sous-traitants exotiques. Alors, quand on apprend que la maison est présente au Niger, et fait réaliser ses boucles de ceinture à 500 euros par des Nigériens, les dirigeants évoquent le «talent ancestral afin de nous prendre pour des imbéciles. Le compliment marche aussi pour les couturières malgaches, qui réalisent le dernier ourlet du célèbre carré. Bref, passons sur la taxe carbone, cela ne trompe personne.

Pour rendre le système un peu plus opaque, on crée un circuit bien rodé en Italie : les maisons sous-traitent leur production à un confectionneur local, lequel sous-traite à son tour la commande à un atelier moins cher, et ainsi de suite. C’est le made in “China-Italia connection”. Le monde merveilleux du luxe, un prix “Choc” pour des produits “Toc”, alors que nous avons en France les meilleurs ouvriers au monde et 3 millions de chômeurs , il faudrait juste avoir un centre de formation assez grand pour produire en série des maîtres dans la confection et le travail du cuir, mais ces grands groupes ne croient pas dans leur propre pays et préfèrent les étrangers, surtout pour leurs capitaux, et les nouveaux riches, pensent-ils. Ils ne sont pas assez éduqués pour voir la différence entre le chic et le “cheap”.

Anonymode.

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